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Faut-il en finir avec les 35 heures ?

Divergences ?

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Dominique GILLIER et Jean-Marc BARKi expriment leurs divergences.........

35 heures, un syndicaliste et un patron débattent

Dominique Gillier, syndicaliste, secrétaire général de la fédération de la métallurgie de la CFDT, et Jean-Marc Barki, patron de Sealock, PME de 23 salariés, et membre de l’organisation patronale Croissance Plus, expriment leurs divergences. 

Avec cet article

Faut-il en finir avec les 35 heures ?

Le travail, une activité envisagée tout au long de la vie

En Allemagne, une durée pivot appliquée avec beaucoup de souplesse

Les 35 heures et leurs différents aménagements

Dominique Gillier   

«Je suis convaincu qu’il ne faut pas sortir des 35 heures. Avec le chômage de masse, c’est une question qui ne devrait même pas être à l’ordre du jour. On fait un mauvais procès aux 35 heures, érigées en bouc émissaire. 

En Allemagne, pays auquel on se compare beaucoup, le choix a été fait de réduire le temps de travail en développant le temps partiel, ce qui crée des travailleurs pauvres. Et je rappelle que, pour la productivité horaire, les Français sont dans une position très favorable.

J’ajouterai qu’il y a une certaine justice à ne pas les remettre en cause. Leur mise en place s’est accompagnée de négociations qui ont abouti à des modulations du temps de travail mieux adaptées aux cycles des entreprises, ce qui a généré beaucoup de productivité. 

La loi permet aussi d’allonger ou de diminuer, par la négociation, la durée du travail pour s’adapter à la conjoncture. On peut donc dire que les salariés se sont payé les 35 heures. Si on revenait dessus, ils devraient payer à nouveau. 

Les 35 heures concourent par ailleurs à l’amélioration de la vie au travail. Dans l’industrie, les horaires atypiques se sont beaucoup développés. La réduction du temps de travail vient corriger les effets de ce type d’horaires sur la santé.

Enfin, avec la crise, la réduction du temps de travail a joué un rôle d’amortisseur de la chute d’activité. Si les entreprises n’avaient pas pu utiliser les comptes épargne temps ou la modulation permis par les 35 heures, il y aurait eu davantage de licenciements.»

Jean-Marc Barki  

«Il faut en finir avec les 35 heures et ne pas laisser croire à nos collaborateurs que c’est en travaillant moins que nos entreprises deviennent compétitives. La priorité, c’est de maintenir nos activités industrielles sur le sol français. 

Moi, j’aurais pu m’installer en Belgique, en Pologne ou dans un autre pays de la zone euro. Je ne l’ai pas fait car je crois encore que l’on peut continuer à produire en France. Pour y arriver, je pense qu’il faut travailler 39 heures à salaire inchangé, donc payées 35 heures. 

Ça va faire grincer des dents, mais c’est moins grave que d’avoir des entreprises qui périssent les unes après les autres.

Il y a plusieurs façons de faire. La solution la plus simple, si vous avez des RTT, c’est de les oublier et de travailler normalement. Nous, dans notre activité, apparentée à la chimie, nous étions à 34 heures 20, c’était du délire complet. Comme on n’y arrivait pas, on est passé à dix jours de RTT, ce qui est déjà dément. 

Par ailleurs, je suis favorable à l’annualisation du temps de travail. Je serai même pour un système de compteur d’heures, où on accumule les heures quand il y a du boulot et on en déduit quand c’est creux.

En contrepartie, à partir du moment où ça remet l’entreprise sur la voie de la compétitivité, il faut qu’il y ait un partage du profit à l’arrivée. Il faut que les salariés y gagnent, en leur donnant une prime par exemple. »

RECUEILLI PAR NATHALIE BIRCHEM


 

Les grandes questions de la présidentielle

Faut-il en finir avec les 35 heures ?

Chaque mardi, « La Croix » analyse les questions sur lesquelles les principaux candidats à l’élection présidentielle s’opposent. Après l’éducation, la semaine dernière, nous nous penchons aujourd’hui sur le temps de travail.

(AFP / THOMAS SAMSON)

Chaîne de montage Peugeot à Poissy, près de Paris, en janvier 2012.

Depuis la mise en œuvre des 35 heures en 2000, les détracteurs du partage du travail proposent de façon récurrente d’en finir avec ce dispositif, dont le bilan fait toujours l’objet de controverses.

Si certains candidats plaident pour une augmentation de la durée légale à 37 heures ou, à l’inverse, pour sa diminution à 32 heures, le débat a évolué avec la crise. Certains réfléchissent à ajuster la durée du travail en fonction de la conjoncture pour éviter des licenciements.

Avec cet article

35 heures, un syndicaliste et un patron débattent

Le travail, une activité envisagée tout au long de la vie

Les 35 heures et leurs différents aménagements

En Allemagne, une durée pivot appliquée avec beaucoup de souplesse

Comme à chaque échéance électorale, depuis dix ans, la question de la durée du travail revient sur la table. Si, depuis la mise en œuvre des 35 heures en 2000, cette réforme a donné lieu à de nombreux aménagements, le débat sur sa suppression revient de manière récurrente. Tous les pays développés ont connu une forte réduction de leur temps de travail depuis 1950, via la généralisation du salariat et l’essor du temps partiel, mais la France est la seule à avoir encouragé fortement cette tendance en diminuant par la loi la durée légale. 

Le gouvernement Jospin a fait passer de 39 à 35 heures la durée légale hebdomadaire, au-delà de laquelle les heures supplémentaires sont majorées, en 2000 pour les entreprises de plus de 20 salariés et en 2002 pour les plus petites. Une nouvelle donne à laquelle les employeurs ont dû s’adapter en réorganisant le travail.

C’est pourquoi, après avoir beaucoup critiqué les 35 heures, la droite, au pouvoir depuis 2002, n’a jusque-là jamais pris la décision d’en sortir. Elle a préféré multiplier les possibilités de les contourner. D’abord en augmentant le quota des heures supplémentaires autorisées, sans rencontrer un franc succès. Ensuite et surtout en rendant ces heures supplémentaires plus attractives en 2007 en les exonérant d’impôts et de charges sociales. Si les 35 heures demeurent bel et bien la durée légale, les moyens de travailler plus sont désormais multiples.

Alors pourquoi, dix ans après, le sujet fait-il toujours débat ? Sans doute d’abord parce que les 35 heures demeurent un signal fort du clivage gauche-droite. Elles cristallisent aussi une vieille controverse économique, qui oppose les adeptes de la politique de l’offre, qui pensent que c’est en travaillant plus qu’on crée de la croissance et donc de l’emploi, et ceux qui estiment que tant qu’il y a du chômage, il vaut mieux partager le travail plutôt que de faire travailler plus ceux qui en ont déjà. D’autant qu’aujourd’hui encore, certaines questions essentielles soulevées par cette réforme restent non tranchées.

La France, une exception ?

Première question : les Français travaillent-ils moins que les autres ? Oui, affirme, dans une étude publiée en janvier, l’ institut COE-Rexecode, réputé proche du patronat et des thèses de la droite. Selon elle, en 2010 « la durée effective moyenne de travail des salariés à temps complet en France, est, avec la Finlande, la plus faible de l’Union européenne »  : 1 679 heures par an en France, 1 856 au Royaume-Uni, 1 813 en Italie, 1 904 en Allemagne. Et même si on englobe le travail à temps partiel, moins développé chez nous que chez nos voisins, la durée du travail salarié demeure inférieure en France (1 550 heures) qu’ailleurs (1 637 pour les Allemands, 1 691 heures en Italie, 1 592 heures au Royaume-Uni), à l’exception des Pays-Bas (1 356 heures). 

Certes, rétorque-t-on au très keynésien Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), souvent en phase avec la gauche, mais ces chiffres sont issus d’une enquête basée sur les déclarations des salariés.

Si on interroge les employeurs, on aboutit selon cet organisme au résultat inverse ! L’ensemble des salariés français travaillant plus (1 440 heures en 2008) que les Allemands (1 378).

Quels effets sur l’économie ?

La deuxième question clé, très controversée, porte sur les effets des 35 heures sur l’économie française. Selon le décompte de l’Insee établi en 2004, le passage aux 35 heures a créé 350 000 emplois, soit la moitié des 700 000 escomptés au départ, dont 200 000 grâce au partage du travail et 150 000 aux allègements de charges. Des allègements coûteux (12 milliards d’euros), englobés depuis 2003 dans les allègements généraux sur les bas salaires mais qui, affirme Gilles Koleda, de COE Rexecode, « n’ont pas compensé la perte de compétitivité engendrée par les 35 heures ».

Toujours selon l’Insee, le coût horaire du travail a crû de 5,1 % par an entre 2000 et 2004, « possiblement en raison de la généralisation des 35 heures » . Toutefois, argumente Éric Heyer, à l’OFCE, « les 35 heures ont permis aux entreprises de réorganiser le travail et de faire beaucoup de gains de productivité » . Ainsi, le « coût unitaire salarial »  est resté stable entre 2000 et 2007. Autrement dit : la France a rattrapé en productivité ce qu’elle a perdu en surcoût. Au total, note l’OFCE, « depuis dix ans, les créations d’emplois ont été plus dynamiques »  en France (+ 14,2 % entre 1999 et 2010) qu’en Allemagne (+ 7,3 %).

Sur le terrain, la très grande majorité des chefs d’entreprise continuent cependant de voir les 35 heures comme un obstacle qu’il a fallu surmonter, plutôt que comme une opportunité. Quant aux salariés, s’ils se félicitent d’avoir gagné des RTT, notamment les cadres, ils déplorent, a contrario, une intensification de leur journée de travail et le gel des salaires qui a suivi le passage aux 35 heures. En bien ou en mal, les 35 heures ont changé bien des choses.

Quels aménagements possibles ?

Du coup, si, au Medef, on continue à plaider pour un temps de travail non plus fixé par la loi mais par la convention collective, voire entre le patron et le salarié, dans la classe politique, beaucoup ont renoncé à toucher à la durée légale.

L’UMP, qui début 2011, envisageait de renégocier la durée légale dans chaque branche, quitte à supprimer les heures supplémentaires défiscalisées, a été rappelé à l’ordre par le gouvernement. Son « projet 2012 » parle désormais d’« ouvrir des négociations sur le temps de travail  (…) sans remettre en cause la durée légale » . Au MoDem, un parti pourtant très critique sur les 35 heures, Robert Rochefort, conseiller économique, estime qu’« il ne faut pas les supprimer,  car  l’économie s’est adaptée, mais on peut négocier des souplesses » . Même position au FN. Reste Dominique de Villepin, qui propose de passer aux 37 heures sans augmentation de salaire en échange de l’abandon de la moitié des exonérations de charges pour les patrons.

À l’inverse, il n’y a plus guère que Philippe Poutou, le candidat du NPA, qui envisage « d’aller vers les 32 heures » . Chez les écologistes, la référence aux 32 heures a disparu du programme d’Eva Joly, car « ce n’est qu’une modalité possible de la réduction du temps de travail, qui est toujours d’actualité, mais qui doit s’envisager tout au long de la vie » , explique Pascal Canfin, son conseiller économique et social. Quant au Front de gauche, il veut « restaurer ce qui a été détruit »  en supprimant la loi Tepa sur les heures supplémentaires. Enfin, le PS « assume les 35 heures » , explique Alain Vidalies, le conseiller chargé de l’emploi auprès de François Hollande, mais n’envisage pas de nouvelle étape dans le partage du travail.

Le débat en serait sans doute resté là, si la crise n’était pas arrivée. Pour éviter que les entreprises ne licencient en masse, le chômage partiel, réduction temporaire du temps de travail et du salaire compensée par des aides publiques, a repris du service. Donnant à réfléchir à certains. « Avec la crise, le débat a changé de nature, on s’est aperçu que le plus important, c’était de maintenir l’emploi,  explique Gilbert Cette, professeur d’économie à l’université de Méditerranée. Or, en Allemagne, si l’emploi est resté stable, c’est grâce au chômage partiel, mais aussi parce que les entreprises ont signé avec les syndicats beaucoup d’accords échangeant des baisses du temps de travail et du salaire contre l’engagement de ne pas licencier. »

En France, de telles négociations sont déjà possibles, en revanche, la baisse de rémunération ne peut s’appliquer qu’avec le consentement de chaque salarié. Peu d’entreprises ont donc choisi cette voie. Les partisans de ces « pactes compétitivité-emploi » voudraient donc qu’on change la loi pour que le salarié ne puisse plus s’opposer à l’application de ces accords.

Défendue par Gilbert Cette, économiste proche de François Hollande, popularisée par l’UIMM, la branche métallurgique du Medef, la proposition s’est retrouvée portée par Nicolas Sarkozy, qui a donné deux mois aux partenaires sociaux pour négocier sur le sujet, en prévenant que, faute d’accord, il légiférerait. Du moins s’il est élu. Dans l’entourage de François Hollande, on indique déjà qu’« on laissera le pouvoir aux partenaires sociaux mais notre ligne rouge, c’est la préservation de la durée légale » .

NATHALIE BIRCHEM


 

Le travail, une activité envisagée tout au long de la vie

Avec cet article

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En Allemagne, une durée pivot appliquée avec beaucoup de souplesse

35 heures, un syndicaliste et un patron débattent

Les 35 heures et leurs différents aménagements

Nombreux sont ceux qui pensent que le temps de travail doit s’appréhender tout au long de la vie. 

La CFDT estime qu’« optimiser le temps de travail passe par les deux extrémités de la carrière : l’entrée dans la vie active pour les plus jeunes est souvent retardée tandis que la sortie de vie active est souvent anticipée. » Une idée qu’on retrouve aussi sous la plume de l’économiste Michel Godet, fervent adversaire des 35 heures : « Il faudra bien, un jour, calculer le temps de travail globalisé tout au long de la vie (70 000 heures), avec le maximum de souplesse pour l’individualisation des horaires à la carte, en fonction des capacités et des contraintes de chacun » .

Le temps partiel

En France, 18,4 % des salariés sont à temps partiel. Si l’institut COE-Rexecode, organisation proche du patronat, pense qu’il ne faut pas s’interdire de développer les emplois à temps partiel, beaucoup veulent au contraire mieux les encadrer. En 2011, la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale a fait 12 propositions, dont la mise en place d’une « obligation de justifier un recrutement à temps partiel » , voire d’« une durée légale minimum de temps de travail (20 heures) » .

Les congés parentaux

Pour mieux articuler vie professionnelle et vie familiale, sans éloigner trop longtemps les femmes du marché du travail, le PS suggère de raccourcir le congé parental à un an, tout en augmentant son montant. L’UMP propose, elle, de le fractionner pendant les quinze premières années de l’enfant.

Le travail dominical

En 2008, le gouvernement a accru les possibilités de travailler le dimanche dans certaines grandes zones commerciales et dans les zones touristiques. Le 17 février dernier, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention d’« élargir les conditions d’ouverture des magasins le dimanche » , sans en dire plus. François Hollande a rétorqué qu’il souhaitait « des négociations » , plutôt qu’une « mauvaise loi » , de manière à trouver « un équilibre entre les droits des salariés » et le souci des commerçants de « répondre à de nouvelles formes de concurrence » . Selon l’Insee, 28 % des salariés travaillent habituellement ou occasionnellement le dimanche.

Les 35 heures et leurs différents aménagements

Depuis son adoption en 1998, la loi sur la réduction du temps de travail a été modifiée ou aménagée à de multiples reprises.

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En Allemagne, une durée pivot appliquée avec beaucoup de souplesse

35 heures, un syndicaliste et un patron débattent

 La réduction du temps de travail est votée le 13 juin 1998.  C’est la loi «Aubry I», qui prévoit un abaissement de temps de travail de 39 heures à 35 heures par semaine au 1er  janvier 2000. Elle met également en place un dispositif d’allégement de cotisations sociales pour les entreprises qui anticipaient cette mesure et prenaient des engagements en termes de créations d’emploi. Les modalités concrètes de cette réduction du temps de travail sont déterminées par des négociations d’entreprise et de branche.

 Le 19 janvier 2002,  le gouvernement vote un deuxième texte sur les 35 heures, la loi «Aubry II». Ce texte fixe le cadre général de mise en place de la réduction du temps de travail. Elle confirme le calendrier de la première loi et rend pérenne les allègements qui devaient être transitoires. Elle permet également l’annualisation du temps de travail, en fixant sa durée annuelle à 1600 heures.

 La loi Fillon du 17 janvier 2003  est la première remise en cause des 35 heures. Symboliquement, la référence n’est plus hebdomadaire (35 heures) mais annuelle (1600 heures). En pratique, ce texte modifie le régime des heures supplémentaires en en relevant le contingent à 220 heures par an, contre 180 auparavant. Elle privilégie également les majorations salariales aux récupérations, afin d’augmenter le temps de travail. Enfin, cette loi crée le compte épargne-temps.

   La loi du 31 mars 2005   assouplit encore l’aménagement du temps de travail. Elle fait une large place à la négociation : un accord entre employeur et «salariés volontaires» peut fixer des heures supplémentaires dites «choisies» qui dépassent le contingent normal et faire ainsi des semaines de 48 heures, le maximum fixé par le droit européen. Cette loi élargit également l’utilisation du «compte épargne-temps» qui peut désormais être transformé en partie en complément de rémunération ou en épargne et n’est plus limité à 22 jours par an

 Votée le 21 août 2007, la loi TEPA  «en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat» (surnommée «paquet fiscal») s’ouvre sur une défiscalisation des heures supplémentaires. Par son article 1, elle exonère d’impôt sur le revenu les heures supplémentaires et allège les cotisations sociales, aussi bien pour les salariés que pour les employeurs qui font appel aux heures supplémentaires.

 Les modalités de la journée de solidarité, votée en 2004,  sont modifiées le 16 avril 2008. Désormais, ce n’est plus nécessairement le lundi de Pentecôte qui est travaillé, mais simplement la durée annuelle de travail qui est portée de 1600 à 1607 heures.

 Le régime des heures supplémentaires  est assoupli une fois de plus le 20 août 2008 dans la loi sur le dialogue social. Désormais, le contingent des heures supplémentaires et les contreparties en repos pour les salariés, peuvent être fixés entreprise par entreprise. Pour cela un accord doit simplement être signé avec des organisations syndicales représentant au moins 30% des salariés.

COLIN FOLLIOT


 

En Allemagne, une durée pivot appliquée avec beaucoup de souplesse

La flexibilité instaurée dans les branches clés de l’industrie allemande a compensé la raideur des 35 heures, durée légale du travail depuis 1995 dans ce secteur.

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Faut-il en finir avec les 35 heures ?

Le travail, une activité envisagée tout au long de la vie

35 heures, un syndicaliste et un patron débattent

Les 35 heures et leurs différents aménagements

La semaine de 35 heures est déjà une vieille histoire en Allemagne. Elle est la règle depuis 1995 dans la métallurgie, l’automobile, l’électromécanique, ces branches qui font le succès de l’économie allemande. Le puissant syndicat de la métallurgie, IG Metall, qui regroupe 2,25 millions d’adhérents entama la lutte pour la réduction du temps de travail en 1984, – « une sottise » estimait à l’époque le chancelier Kohl.

Cependant, si la semaine de 35 heures reste la marque de fabrique d’IG Metall, personne ou presque ne la pratique exactement aujourd’hui. La flexibilité et les heures supplémentaires ont compensé au fil des années la rigidité de cette durée hebdomadaire du travail, avec un crédit d’heures de 200 heures en moyenne par an, en plus ou en moins. Les salariés des différentes branches de l’industrie métallurgique ont travaillé ainsi en moyenne 39 heures 10 en 2006, puis 36 heures 40 en 2009 pendant la crise. Le temps de travail était déjà redevenu à 39 heures 50 au dernier trimestre 2010. Les 35 heures sont donc un modèle dépassé, assènent certains critiques.

« Dans les périodes de forte conjoncture, cette durée du travail n’est pas suffisante », explique Hagen Lesch, de l’institut économique de Cologne. Pour satisfaire la hausse des commandes, il faut alors travailler plus et récupérer les crédits d’heures non-effectuées, accumulées par les salariés lors des périodes creuses, ou avoir recours aux heures supplémentaires, ou bien encore faire appel à de la main-d’œuvre temporaire. 

Des crédits d’heures supplémentaires utilisables en périodes creuses

« À l’inverse, les crédits d’heures accumulés en heures supplémentaires pendant les périodes de surchauffe, peuvent servir de tampon en cas de chute des commandes » , complète Hagen Lesch : « Elles permettent de réduire drastiquement le temps de travail, évitant ainsi les licenciements » . Une priorité outre-Rhin pour les employeurs, qui veulent avant tout conserver leurs équipes de salariés qualifiés prêts à retrousser les manches dès que les commandes repartent.

La firme automobile BMW-Munich ferma ainsi le 6 décembre 2008 les portes de l’entreprise pendant cinq semaines pour éponger une chute de 30 % des ventes. Ces semaines exceptionnelles ne sont pas déduites des congés payés, mais des comptes individuels d’heures de travail des salariés. Des heures supplémentaires avaient été accumulées pendant les pics de production des années précédentes. « Les emplois, en échange, sont garantis jusqu’en 2014 » , explique Michael Leppeck, responsable de l’IG Metall dans la capitale bavaroise.

Selon la même logique, Volkswagen alla jusqu’à instaurer en 1993 la semaine de quatre jours, à 28 heures 48 avec une réduction de salaire de 30 % afin d’éviter les licenciements face à une chute du chiffre d’affaires de 25 %. En 2006, avec la croissance des commandes, ce temps de travail hebdomadaire fut ramené à 33 heures.

Reste que cette souplesse dans l’organisation du travail autour de la durée pivot des 35 heures n’est valable que pour ces secteurs industriels, imprimerie comprise. Les 35 heures ne couvrent pas l’ensemble de l’économie allemande, une grande différence avec le système français.

MICHEL VERRIER, à Berlin

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Actualité France (La rupture conventionnelle vue par les salariés )
Les 60 ans de l'ACO (60 ans )
Le "vrai travail" de Gérard Filoche (Humeur électorale )
L'entre deux tours (la déclaration intesyndicale )
1ER MAI 2012(Histoire du 1er mai)
MEMOIRES D OUVRIERS (Biographie de Gilles PERRET et photos )
MEMOIRES D OUVRIERS (Echos du lointain )
MEMOIRES D OUVRIERS (Un film de Gilles PERRET )
URBI & ORBI > FRANCE (Journal La Croix 2012 03 05 )
IMMIGRATION(La longue file d'attente)
Ouvriers chrétiens et de gauche (Secteur de Caen )
Faut-il en finir avec les 35 heures ? (Divergences ? )
Entretien Mélenchon et le journal La Vie (La foi est une brûlure )
La lutte gagnante de Grace et Moustapha()
Economie - Explication... (Le coût du travail en France... - Diminuer le salaire pour.... )
INDIGNES (Le mouvement des indignés.... )
Au quotidien - Vie pratique (Quelques repères.... )
Intervention de Bernard Thibault,19 janvier 2012 (Colloque II "Le Front national démasqué..." )

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