Bootstrap Image Preview
Actualité PO
Accueil

Les chrétiens et la globalisation

Vatican II, une boussole pour la mondialisation et la nouvelle évangélisation

Pour voir ou imprimer le document en plein ecran

 

Les chrétiens et la globalisation

leçon inaugurale d’Andrea Riccardi au Collège des Bernardins

PRÉSENTATION DE CETTE CONFÉRENCE :

La Croix 24 novembre 2012 >>>>>>>>>>>> Forum

Vatican II, une boussole pour la mondialisation et la nouvelle évangélisation

par Antoine Guggenheim, directeur du Pôle recherche du Collège des Bernardins

Et si Vatican II était une boussole pour la mondialisation ? C'est en quelque sorte le message d'Andrea Riccardi lors de la leçon inaugurale de la chaire qu'il préside pour deux ans au Collège des Bernardins (texte ci-dessous) On cherche souvent la clé de l'interprétation du Concile dans le débat sur la sécularisation qui se poursuit. Vatican II est lu comme une réponse de l'Église à l'autonomie croissante des sociétés par rapport aux religions depuis deux siècles. L'Église a cherché à dépasser une attitude polémique par rapport à la modernité et à se réformer pour annoncer l'Évangile dans une situation nouvelle.

Cette lecture des textes est vraie, mais elle n'atteint peut-être pas le cœur du message du Concile. Comprendre Vatican II comme une « modernisation » de l'Église est assurément positif, et l'on souhaiterait que d'autres institutions et religions suivent un chemin comparable. Mais c'est insatisfaisant, car le concept de « modernité » est par définition mobile et confus. Va-t-on ainsi au plus profond des textes et de leur actualité ?

L'enjeu n'est pas de savoir si le Concile est « progressiste » ou « traditionaliste », explique Andrea Riccardi, mais de comprendre qu'il est missionnaire. De l'avis des papes qui l'ont convoqué, présidé puis mis en œuvre, comme selon ses principaux acteurs, Vatican II a pour orientation de « rendre l'Église du XXème siècle encore plus apte à annoncer l'Évangile à l'humanité du XXème  siècle » selon les mots de Paul VI (Evangelii nuntiandi n° 2).

Le synode pour la nouvelle évangélisation réuni par Benoît XVI pose la question de savoir comment cette mission s'accomplit au XXIème siècle. La globalisation est la grande question qui s'est levée derrière la sécularisation, et qui interroge les finalités et les règles du vivre-ensemble de l'humanité. Andrea Riccardi observe que si nous faisons porter l'effort d'interprétation des textes de Vatican II sur ces questions, nous serons surpris de la pertinence des propositions du Concile pour la nouvelle évangélisation.

Paul VI, dans le texte cité – écrit pour le dixième anniversaire de la clôture du Concile, en 1975 –, s'oriente déjà dans cette direction. « L'effort pour annoncer l'Évangile aux hommes de notre temps, exaltés par l'espérance mais en même temps travaillés souvent par la peur et l'angoisse, est sans nul doute un service rendu à la communauté des chrétiens, mais aussi à toute l'humanité (n°1). »

L'horizon de l'évangélisation, qui est Bonne Nouvelle et vie nouvelle, n'est pas le « choc des civilisations ». Le pape résume en ces mots, avec saint Paul, les « consignes fondamentales » de l'Évangile : « Revêtez l'homme nouveau » (Ep 4, 24) et « Laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20) (n°2).

Puis il interroge ses lecteurs : « Qu'est devenue, de nos jours, cette énergie cachée de la Bonne Nouvelle, capable de frapper profondément la conscience de l'homme ? Jusqu'à quel point et comment cette force évangélique est-elle en mesure de transformer vraiment l'homme de ce siècle ? Suivant quelles méthodes faut-il proclamer l'Évangile pour que sa puissance soit efficace ? (n°4.) »

La réponse du pape, si proche de Benoît XVI, repose sur un « évangélisme » catholique : un long regard posé sur le Christ, un renouvellement du concept d'évangélisation grâce à une théologie de la culture, une méditation de la mission des baptisés, acteurs décisifs de la transformation du monde, une affirmation de la liberté civile de religion et du dialogue en vérité comme fondement du vivre-ensemble.

Les principales initiatives de Jean-Paul II ne sont que la mise en œuvre de ce programme de nouvelle évangélisation qui propose au catholicisme d'assumer sa responsabilité globale pour la paix et la justice. Que l'on pense à la rencontre des religions pour la paix à Assise en 1986 ou à la célébration « pan-chrétienne » du Jubilé de l'an 2000 ! Par ces étapes symboliques, globalisation du monde et nouvelle évangélisation se rencontrent et s'influencent déjà mutuellement.

Les grandes leçons théologiques de Benoît XVI à Assise, aux Bernardins, à Berlin ou à Londres en affinent l'interprétation. Semble s'esquisser ce que devine au IIème siècle après Jésus-Christ l'auteur anonyme de la Lettre à Diognète : la mission de l'Église et des chrétiens, c'est de devenir, en toutes les nations, comme l'âme du monde.

En « l'année de la foi », qui est la cinquantième année de l'ouverture de Vatican II, il faut entendre comme un appel la voix franche et claire de Paul VI : « Après le Concile et grâce au Concile, qui a été pour elle une heure de Dieu en ce tournant de l'histoire, l'Église se trouve-t-elle, oui ou non, plus apte à annoncer l'Évangile et à l'insérer dans le cœur de l'homme avec conviction, liberté d'esprit et efficacité? (n°4.) »

Ce laïc si lucide qu'est Andrea Riccardi nous invite à répondre : Oui, Vatican II est une boussole fiable pour nous guider dans la mondialisation et la nouvelle évangélisation. Un successeur de Benoît XVI choisira peut-être, un jour, le nom de Paul VII pour rappeler la mémoire de celui qui, le premier, l'a montré.

GUGGENHEIM Antoine

Andrea Riccardi

 

Le mot globalisation est sur toutes les lèvres, et les rayonnages des bibliothèques se remplissent de textes traitant de ce sujet. Il est difficile de définir la globalisation, mais notre génération a un privilège : elle peut dire qu’elle a rencontré personnellement ce qu’auparavant elle ne connaissait pas et ne vivait pas. En effet, à un moment donné, la globalisation est entrée dans la vie de tous : nous l’avons rencontrée. La prochaine génération, née dans ce contexte, ne pourra pas percevoir avec autant d’acuité la nouveauté qu’elle représente. La globalisation est apparue, au milieu d’un cortège d’acclamations, comme la pleine réalisation du long processus de la modernité.

De fait, après un premier accueil enthousiaste, son aspect problématique s’est très vite imposé, plus encore la difficulté à habiter ce nouveau cadre. Il ne s’agit pas seulement d’un problème réservé à des personnes qui avaient été habituées à vivre autrement. Le saut accompli au cours des années quatre-vingt-dix à partir du monde d’avant 1989 a été rapide et profond. Les limites évidentes d’un univers séparé par des frontières bien fermées, entre l’empire d’Orient et l’empire d’Occident, pour utiliser ces expressions-là, se sont effacées, tandis que, dans le sud du monde, était apparu, selon l’intuition du démographe Alfred Sauvy en 1952, le dit Tiers Monde, une aire immense, magmatique, traversée par les influences de l’Est et de l’Ouest. Les frontières constituent une limite, mais elles entourent aussi un monde. Avec l’avènement de la globalisation, ces frontières sont tombées et l’on est retrouvé en pleine océan. L’idée de l’État bien identifié par une nation, par exemple l’État social, est entrée en crise.

 

Le dépaysement

Francis Fukuyama, pour citer un des auteurs les plus connus, a vu dans la globalisation la victoire du marché qui apportait partout la paix et la liberté ; c’était, en somme, la fin de l’histoire telle qu’elle avait été conçue. Il ne fait aucun doute que le marché a triomphé, tout comme il est indéniable que l’aspect économico-financier a acquis un caractère prédominant. Mais les résultats obtenus n’ont pas été ceux espérés. L’optimisme d’une globalisation providentielle a été démenti.

D’aucuns ont parlé d’un monde marqué par un modèle occidental américain, qu’ils ont appelé Mc World. Notre univers reste toutefois compliqué et, par certains aspects, conflictuel et peu respectueux de la liberté. Giulio Tremonti, homme politique italien, homme de réflexion, utilise l’expression « mercatisme », version dégénérée du libéralisme, pour définir le système actuel de relations du monde-marché global. En attendant, – et c’est un fait de grande portée historique- en 2001, la Chine, avec son immense marché, ses fragilités et ses ressources, est entrée dans l’OMC, la grande organisation du commerce mondial. Économiquement, le monde s’est unifié comme jamais auparavant dans l’histoire, surtout en tant que marché, mais aussi en tant que système de communications de tous types, qui fait qu’il est de plus en plus difficile d’exercer une dictature totale sur une partie du monde.

Pourtant, dans ce monde globalisé, l’homme et la femme, les peuples vivent cette condition que Todorov désigne bien comme un « dépaysement ». Telle est la quadrature que je voudrais souligner : l’homme et la femme de la globalisation sont souvent dépaysés. Zigmunt Bauman a consacré diverses réflexions aux conséquences de la globalisation sur les personnes et sur leur solitude. Je voudrais seulement en évoquer brièvement quelques-unes : la prédominance de la dimension du consommateur sur le citoyen, mais aussi l’affaiblissement de la dimension nationale, la crise de la représentation et de la politique, la crise même de la ville. Mais surtout, dans le monde global, prévaut un sentiment d’insécurité face à des vents froids qui viennent de loin (qu’il s’agisse des crises financières, des migrants ou d’autres phénomènes encore). Pourtant, jamais dans l’histoire, le monde n’a été aussi sûr. Bauman conclut : « l’insécurité actuelle ressemble à la sensation que pourraient éprouver les passagers d’un avion qui découvrent que la cabine de pilotage est vide ... ». L’auteur fait-il référence à l’absence d’un projet partagé, tel qu’en portaient partiellement les univers idéologiques d’avant 1989, ou bien à la dimension quotidienne de la vie, exposée aux vents froids d’un monde sans frontières ?

Alain Touraine, spécialiste de la société postindustrielle, a publié un livre en 2004, dont le titre a été traduit de manière significative en italien : La globalisation et la mort du social. Un des effets de cet univers aux frontières élargies est l’individualisme, qui a desserré les liens sociaux et communautaires et qui a déraciné les mouvements de masse (typiques du 20e siècle). Bauman insiste : « Ce n’est pas le fait d’être ensemble, mais le fait de s’éviter et le fait d’être séparé qui sont devenus les principales stratégies de survie dans les mégalopoles contemporaines... ». C’est la crise qui affecte bien des modèles communautaires, depuis les partis de masse historiques jusqu’à la ville, en passant par la famille elle-même, entendue comme dimension de l’existence. Tout cela se réalise comme un mouvement tendanciel dans notre société, capable de cohabiter avec des institutions et des modèles de vie d’hier sans déverrouiller les cadres juridiques ni les réalités concrètes des pratiques sociales. Il s’agit en somme d’une révolution anthropologique silencieuse dont il n’est pas facile de décrire la nouveauté.

Il est vrai par ailleurs que le monde global n’a pas créé une « cosmopole ». Il n’a pas créé non plus, soit dit en passant, une société pire que celle de la guerre froide, aussi conflictuelle. Mais la société qu’il ébauche n’est pas une société ordonnée. Face à une économie globalisée, le monde apparaît multipolaire, sans pouvoir régulateur, réparti dans différentes régions du monde. À l’optimisme du triomphe de la liberté a correspondu dans les années 1990 un pessimisme réaliste, dont Samuel Huntington s’est fait le propagateur : notre monde, dans son intime composition, serait destiné à l’affrontement entre des univers caractérisés par une identité constituée de la religion, de la culture et de l’histoire. C’est en somme, la théorie bien connue du choc des civilisations et des religions qui, le 11 septembre 2001, connaîtrait une confirmation saisissante du défi que constitue le terrorisme islamiste global pour l’Occident.

C’est le côté tragique de la globalisation, qui a conduit à une succession d’actes terroristes inhumains, mais aussi à la réponse militaire en Afghanistan et en Irak. Il va sans dire que la théorie du choc des civilisations a été une tentative d’expliquer de façon simple la complexité du monde global, en reprenant des thèses déjà soutenues entre les deux guerres. Il suffit de penser au Déclin de l’Occident d’Oswald Spengler, publié après la première guerre mondiale, qui fait un large recours à la catégorie de civilisation pour en souligner la mise à mal. L’historien Arnold Toynbee avait réfléchi sur le rapport entre l’Occident et les autres civilisations. Le moment où Huntington a proposé sa thèse était fortement porteur d’un besoin d’orientation. Devant un champ aussi largement ouvert, d’où la menace vient-elle ? Nombreux étaient ceux qui voulaient entendre dire à haute voix ce que Huntington avait écrit. Les orphelins de la lutte contre le communisme le souhaitaient, qui étaient à la recherche d’un nouvel ennemi et de nouveaux barbares. J’ai plaisir à signaler – c’est un hommage à la culture catholique française- que dans les années Trente déjà, les Semaines Sociales des catholiques français à Versailles tinrent une session dédiée aux conflits de civilisation, en identifiant différentes civilisations, parmi lesquelles les civilisations musulmane, soviétique, juive. La thèse défendue était que le christianisme transcendait les civilisations comme force de pacification.

 

Globalisation et catholicisme

Notre catholicisme a depuis longtemps fait ses comptes avec la réalité et la catégorie de la sécularisation, moins avec la nouvelle catégorie de la globalisation. Danièle Hervieu-Léger, prenant acte de la laïcisation, puis de la sécularisation et enfin de l’exculturation du catholicisme français, a déclaré il y a quelques années : Catholicisme, la fin d’un monde. Après les premiers temps de ferveur postconciliaire, notre catholicisme européen a été parcouru par le sentiment d’un déclin inévitable. Plus de modernité, moins de religion : telle semblait être la loi de l’histoire. Pourtant – je tiens à le dire -, aujourd’hui le problème n’est pas tant la sécularisation, qui privatise le christianisme et le relègue aux marges de la vie sociale. Au contraire, malgré la réalité de la sécularisation, nous pourrions parler d’une revanche de Dieu, comme le dit Gilles Kepel avec bien d’autres auteurs. Certes, la société est sortie de Dieu. Cela, Émile Poulat l’explique depuis des années. Depuis plus de deux siècles, elle n’a plus sa référence en Dieu, dans le Dieu de l’Église et du Credo. Mais elle est largement habitée par le religieux et par de nombreuses religions.

En réalité, au cours du 20e siècle, un changement radical est intervenu dans le monde chrétien, qui ne va pas dans le sens de son extinction : en cent ans, la communauté religieuse pentecôtiste et indépendante est passée de zéro à un demi-milliard de fidèles, tandis qu’au 21e siècle globalisé ses effectifs croissent de façon vertigineuse. Le pluralisme pentecôtiste, en termes de communautés, de théologies et de structures, se fonde sur l’autonomie de l’individu, dans des formes qui correspondent tout à fait à la globalisation. L’individualisme fait en sorte que l’on recherche son bonheur « religieux » dans une communauté qui répond à ce besoin dans le cadre d’un véritable marché des religions. Nous le voyons dans le sud du monde. Du reste, la facilité des migrations dans le monde globalisé a amené des chrétiens d’autres pays à habiter dans nos sociétés européennes, si bien qu’en Angleterre la présence au culte d’immigrés dépasse de très loin celle des anglicans.

Or ce n’est pas la seule conséquence de la globalisation sur le christianisme. Dans notre catholicisme, nous pouvons constater une attitude contraire à la globalisation. Plus encore, bien que de grands catholiques aient été à l’origine de l’Union européenne, il existe aujourd’hui une pensée hostile à l’Europe parmi les catholiques et les évêques, au prétexte que l’Union introduirait des modèles familiaux, sexuels, sociaux, opposés aux modèles traditionnels. Considérer la menace comme un élément venant de l’extérieur ou de loin est typique d’un certain intransigeantisme catholique. Il en irait ainsi, par exemple, de l’islamisation de l’Europe. Du reste, une sensibilité analogue se fait jour dans différents milieux orthodoxes, qui proposent à nouveau des valeurs nationales et religieuses. Dans un catholicisme peu attentif à la culture, on risque de faire abstraction de la globalisation ou de s’y opposer sans la comprendre.

Dans la confrontation avec un processus de déracinement globalisant, on rappelle que le christianisme est constitutif des racines nationales. Après les menaces apportées par la sécularisation domestique, la globalisation risque-t-elle de constituer un problème encore plus grave pour l’Église ? J’ai accepté ce défi culturel qui m’a été posé par le Collège des Bernardins, parce que je crois qu’il est nécessaire de s’interroger sur les formes que prend et les problèmes que soulève le fait de vivre en chrétien dans un monde qui a changé. Nos catégories n’ont-elles pas vieilli ?

 

La globalisation n’est pas une si grande surprise.

Je voudrais rappeler que notre globalisation n’est pas la première de l’histoire, même si elle est très originale et vaste. Notre histoire en a connu d’autres. L’Église en a connu d’autres. Je rappellerais la conquête des Amériques avec ses effets de métissage culturel et de diffusion du catholicisme. À sa manière, le christianisme est apparu comme une globalisation de la foi au-delà des frontières ethniques, linguistiques et culturelles. À l’ère du colonialisme – qui était lui aussi une globalisation-, les chrétiens se positionnèrent à leur manière en réalisant la croissance missionnaire des Églises catholiques et protestantes.

Jean Chrysostome, entre le 4e et le 5e siècle, commente ainsi l’Évangile de Jean :

« Que veulent dire ces paroles : "Pour rassembler et réunir ceux qui sont proches, et ceux qui sont éloignés (Jean XI, 52) ?" Il les a tous réunis en un seul corps - conclut-il : celui qui est à Rome regarde les Indiens comme ses membres. Quoi de comparable à une pareille société (sodalicium) ? » Dans ses chromosomes, le christianisme n’est pas une « société » étrangère ou opposée à la globalisation. Le Père de Lubac, parlant de la signification de « catholique », disait : « ce n’est pas une question de géographie ou de chiffres [...] c’est avant tout quelque chose d’intrinsèque à l’Église ». La vie catholique a souvent été une incitation à franchir les frontières d’un monde. Saint Augustin polémiquait avec les donatistes, qui négligeaient le monde parce qu’ils considéraient « les autres nations comme quasiment perdues » et réduisaient la vie à l’Afrique du Nord : « je ne sais, disait-il, qui, en Afrique, place des frontières à la charité ». L’Église à sa manière est une globalisation. Et elle a vécu dans différentes globalisations.

Mais nous ne pouvons pas être superficiels. Je voudrais dire que, dans le monde des chrétiens – Paul VI parle d’eux comme « des experts en humanité » -, il y a eu une perception des transformations du monde dans un sens global. Je me permets de citer le grand patriarche orthodoxe de Constantinople, Athénagoras qui, en 1968, dans un livre inoubliable avec Olivier Clément, un chef-d’œuvre humaniste du 20e siècle, affirme que le monde contemporain s’unifie (c’est le mot qu’il emploie). Clément insiste sur ce point :

« Il y a d’une part l’avènement de l’homme planétaire dans une histoire devenue mondiale. Mais d’autre part, chaque peuple, sans doute pour échapper au caractère impersonnel de la civilisation industrielle, s’enracine dans son originalité... ».

 

Il y a un grand défi à relever pour le patriarche Athénagoras, que Clément définit comme un « amoureux de l’universel » :

« Aujourd’hui le lointain devient physiquement proche. Il faut qu’il le devienne spirituellement ».

 

Il y a une spiritualité à créer, qui ne soit pas exiguë, mais capable de répondre au défi de l’homme planétaire, et de nouvelles proximités à établir entre les mondes.

Le même Paul VI – nous sommes toujours dans les années "soixante" - avait compris le processus d’unification à l’œuvre au temps de la guerre froide. Dans son encyclique Populorum progressio, il avait parlé de « heurts de civilisation », mais aussi du nécessaire « dialogue sincère », « créateur de fraternité ». Du reste, le pape Montini devait, à mon avis, connaître les thématiques de Marshall Mc Luhan sur le village global et les communications. Pour sa part, le cardinal Lustiger écrivait en 1987 : « Nous vivons dans une société qui s’est mondialisée et qui, en même temps, s’est segmentée, au fur et à mesure qu’elle s’unifie, dans des cultures qui s’opposent. Autrefois, les cultures différaient les unes des autres parce qu’elles ne se connaissaient pas et ne voulaient pas se connaître ; aujourd’hui, nous risquons d’arriver à l’affrontement parce que précisément elles se connaissent et deviennent communicantes ».

 

Le concile Vatican II

Il y a 50 ans, le Vatican II a préparé l’Église à la mondialisation. Le globalisme du concile Vatican II s’explique par les provenances géographiques des Pères de l’Est communiste, de l’Ouest et du Tiers Monde, dépassant de fait la logique de la guerre froide au nom de la communion de la foi. Mais cette globalité se rencontre également dans l’intérêt ad extra du Concile, cet intérêt envers l’autre : le non catholique, le chrétien, le juif, le musulman, le croyant d’une autre religion, le non croyant, tous entrent dans l’horizon catholique, comme jamais auparavant. Un Concile pour « mettre à jour » –j’emploie le terme de Jean XXIII - l’Église afin qu’elle vive avec les autres dans un monde complexe où elle peut développer une théologie positive de l’autre. Dans une conférence de 2005, le cardinal Lustiger mettait en relation la déclaration Nostra Aetate et la globalisation. Il faudrait lire le Concile dans la perspective de la préparation à la mondialisation, même si elle était perçue de façon fragmentaire. Des idées comme l’œcuménisme, le dialogue, la mission elle-même, la paix, l’unité des peuples, l’universalisme ont été revisitées et pensées à nouveaux frais et en préparant des instruments inédits. En réalité, la suite du concile Vatican II a été trop longtemps vécue dans la polarisation entre progressistes et conservateurs, en tenant peu compte des dimensions universalistes du Concile. En 1967, Joseph Ratzinger (futur pape Benoît XVI) écrivait :

« Le Concile marque le passage d’une attitude de conservation à une attitude missionnaire, et le concept conciliaire contraire à ‘conservateur’ n’est pas ‘progressiste’, mais ‘missionnaire’ ». Jean-Paul II a incarné cette vision globale et tournée vers l’extérieur de Vatican II. La réception de ce Concile ne peut être dissociée de la figure de ce pape, qui a représenté un catholicisme se mesurant à la scène du monde. La mission n’est pas le prosélytisme, mais une perspective d’ouverture au monde du christianisme au-delà de ses frontières traditionnelles, le contraire d’un retranchement défensif et traditionaliste.

Cette opération, Paul VI l’explique dans l’encyclique Ecclesiam suam dès 1964, quand il réfléchit à nouveaux frais sur l’identité de l’Église et la projette dans le dialogue : « Personne n’est étranger au cœur de l’Église – écrit-il. Personne n’est indifférent pour son ministère. Pour elle, personne n’est un ennemi, à moins de vouloir l’être de son côté. Ce n’est pas en vain qu’elle se dit catholique ; ce n’est pas en vain qu’elle est chargée de promouvoir dans le monde l’unité, l’amour et la paix » Un catholicisme arrivé à sa croissance maximale dans les années "soixante" (pensons à sa croissance en Afrique) se déclare intéressé par toutes les dimensions de la vie du monde, même celles qu’il ne peut ramener à lui-même.

 

Se mesurer avec l’autre globalisation

Si la globalisation d’après 1989 n’a pas du tout surpris l’Église, il est évident qu’il s’agit d’une autre globalisation par rapport au catholicisme global. En 2001, Jean-Paul II affirmait : « La globalisation n’est, a priori, ni bonne ni mauvaise. Elle sera ce que les personnes feront d’elle [...] elle est rapidement devenue un phénomène culturel. Le marché, en tant que mécanisme d’échange, est devenu l’instrument d’une nouvelle culture. De nombreux observateurs ont noté le caractère d’intrusion, et même d’invasion de la logique de marché, qui réduit de plus en plus l’espace disponible à la communauté humaine [...] Le marché impose sa façon de penser et d’agir... ». Pour le pape, la globalisation est le défi actuel pour le christianisme en raison des modèles qu’il communique, comme la transformation de l’homme.

C’est un grand défi, que l’on ne surmonte pas en l’ignorant ou en en faisant abstraction. C’est le sens de la réflexion que nous menons, car la globalisation est une chute des murs qui change et élargit les perspectives de l’existant. L’Église a-t-elle réfléchi sur la globalisation ? Après avoir beaucoup parlé dans la période postconciliaire de « signes des temps », il me semble que l’Église n’a pas donné toute son attention à un « signe des temps » plus grand. Cette attitude n’est pas le résultat d’une opposition préconçue ; on la doit plutôt à une perte des clés d’interprétation et de la culture dans l’Église, qui se concentre sur un discours ecclésiastique, du fait aussi que, dans de nombreuses régions du monde, sa survie est mise au défi, en raison notamment du manque de cadres ecclésiastiques. Il faudrait un débat historique, sociologique, théologique, comme celui qui a conduit au concile Vatican II. En effet, l’histoire est allée très vite.

 

La proximité de l’Église et son universalité

L’Église est une internationale, une globalisation fondée sur la communion de foi, qui ne connaît pas de frontières, comme le disait Jean Chrysostome. L’Atlas hierarchicus, édité par le Vatican, montre une cartographie qui divise le monde entier en d’innombrables diocèses territoriaux, sans exclure aucune région. La communion – parole clé dans la pensée de Vatican II - a des dimensions locales et mondiales. Le cardinal Lustiger écrivait que le ministère du pape est facteur d’unité, « le seul qui traverse toutes les cultures et toutes les frontières pour opérer la communion de tous les catholiques ».

Or le catholicisme n’est pas un universalisme générique : il ne se dissout pas dans le virtuel ou dans une internationale de valeurs. Il est aussi une communauté concrète d’hommes et de femmes aux relations personnelles et directes. L’Eucharistie, ses sacrements passent à travers un "nous", un rapport "je-tu" ; « paroikia » en grec - qui a donné le mot paroisse - veut dire voisinage. L’Église a une maison et un visage sur le territoire qui s’appelle église.

Les communautés se rassemblent dans l’identité primaire qu’est l’Église locale de la ville. En général, chaque diocèse porte le nom de la ville. L’Église insiste sur la ville Mais aujourd’hui justement, dans la ville, se développe l’insécurité dont parle Bauman, tandis que le tissu social se déchire : « les villes sont devenues les décharges des problèmes provoqués par la globalisation » - conclut-il. Les villes globalisées dressent des murs entre leurs différentes composantes. Voisinage physique ne signifie pas proximité, au point qu’un psychanalyste italien perspicace, Luigi Zoja, parle à notre époque de « mort du prochain ».

La proximité humaine, non épisodique ou fonctionnelle, mais fondée sur la gratuité est naturellement liée au christianisme. La conscience antique de la Genèse affirme : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ». La question que Dieu pose à celui qui tue ou qui élimine son frère, Abel, reste évidente : « Où est ton frère ? ». Et Jésus explique, avec la parabole du bon Samaritain, que le pauvre, par définition inutile, s’impose dans la géographie de la proximité : ce qui fait émerger la valeur de la gratuité qui imprègne la vie de l’individu et de la communauté.

La déstructuration de la proximité est inacceptable pour le christianisme : fraternité, proximité avec les pauvres, communion entre les personnes sont des valeurs indispensables. La solitude est une limite à surmonter pour le christianisme. Pour cela, l’Église est amie de la famille, fondée sur la fidélité entre la femme et l’homme, ouverte aux générations qui viennent, comme l’expression d’un destin familial de l’être humain. L’insistance sur la famille n’est pas le fruit d’un archaïsme social, mais d’une intimité naturelle avec la culture familiale, qui ne partage pas un individualisme généralisé. La famille, dans la récente réflexion catholique, manifeste des valeurs de fidélité et de gratuité, fondatrices de la stabilité humaine dans un monde en mouvement. On ne vit pas la globalisation sans – j’emploie le terme bénédictin - stabilitas loci. L’Église investit sur la famille et sur la ville. Elle est convaincue du besoin de l’autre polarité représentée par la ville, dans un monde où, l’année 2007, l’homo urbanus, les habitants des villes ont dépassé, pour la première fois dans l’histoire, les habitants des campagnes. Le catholicisme, par son histoire notamment, n’est pas effrayé par le vertige de la globalisation, mais propose à nouveau à l’homme planétaire la stabilité faite de la famille, de la ville et de la communauté.

 

Un avenir problématique

Le monde contemporain se présente tiraillé entre un mouvement de rapprochement de personnes différentes et une différenciation conflictuelle, pour défendre ou créer sa propre identité, jusqu’aux conflits ethniques ou religieux. Pourtant les impulsions vers les « cosmopoles » sont puissantes : 50 000 avions survolent la planète, acheminant partout des passagers et des marchandises, 3 500 milliards de dollars sont échangés sur les marchés à la vitesse de la lumière, 2 500 satellites gravitent autour de la terre véhiculant toutes sortes de nouvelles, l’anglais est parlé par un milliard et demi de personnes. Selon Jeremy Rifkim, dans La civilisation de l’empathie, nous vivons le pic historique de l’empathie globale. À son avis, le dépassement des identités religieuses amenées à se diversifier sous l’effet d’une pratique tolérante de la spiritualité serait aussi un motif de croissance. Le mouvement empathique sera-t-il la religion humaniste et spirituelle de demain ?

Pour revenir au sujet chrétiens et globalisation, on enregistre une fragilisation de l’Église dans les régions les plus développées, fruit non seulement de la sécularisation, mais aussi de la globalisation qui conduit à l’individualisation. La forte identité et la structure du catholicisme passeraient mal dans le monde du soft power, pour reprendre l’expression de Nye. Mais l’Église est-elle un hard power ? Quel est son avenir ? Nous repensons à la phrase qui donnait son titre à la lettre pastorale du cardinal Suhard en 1947, Essor ou déclin de l’Église ?

La globalisation est très différente de la modernité sécularisée avec ou contre laquelle l’Église s’est retrouvée entre les 19e et 20e siècles. Elle n’est pas idéologique, mais elle n’est pas dépourvue de conséquences anthropologiques. Le catholicisme du passé pouvait concevoir des plans de résistance, ou bien, au contraire, d’adaptation. Aujourd’hui, c’est différent. Cinquante ans après, le Concile constitue néanmoins une grande base pour le catholicisme dans le monde global, en dialogue avec tous ceux qui croient de façon différente, mais ce catholicisme veut cultiver une identité théologique et ne pas être une parmi les grandes spiritualités contemporaines. Dans cette perspective, les chrétiens se souviennent que l’homme déraciné n’est pas l’avenir. L’homme ouvert à l’avenir a des racines et des limites : « l’homme n’est réellement homme qu’en vertu de sa participation à une tradition » affirme Hossein Nasr, chercheur iranien.

Essor ou déclin de l’Église ? C’était sans doute plus simple à l’époque du vieux cardinal, mais l’issue semblait dramatique. Il n’est pas facile de répondre dans la complexité de la situation présente. Le déclin est une réalité, mais une réalité souvent choisie par la communauté des croyants qui raisonne en termes d’effectifs, en fonction de vieux schémas et de logiques d’hier (pas seulement la logique de vaincre, peut-être même celle de perdre en restant peu nombreux mais tranquilles et purs). Le point de départ pour le croyant - permettez-moi de le dire - est de se changer soi-même : le seul levier pour transformer le monde que personne ne peut m’enlever (dit Martin Buber avec bien d’autres).

 

Un saint orthodoxe de l’Athos, Silouane, affirmait :

« L’unité ontologique de l’humanité totale est telle que toute personne, qui surmonte en elle-même le mal, inflige une si grande défaite au mal cosmique, que les conséquences de cette victoire se répercutent de manière bénéfique sur les destinées du monde entier ».

La dimension spirituelle chrétienne est profondément liée à une dimension sociale – disait Clément-, autrement dit à la proximité humaine. Il y a une posture spirituelle et humaine du chrétien dans la globalisation, entre la proximité et l’universalisme. L’histoire des chrétiens se développe dans de nombreuses dimensions souterraines ou plus évidentes, mais, quelquefois, elle se pose comme proposition culturelle pour notre temps.

C’est le cas, pour donner un exemple qui m’est cher, de ce qu’on appelle depuis 1986, l’« esprit d’Assise », image symbolique et réelle des religions (et des laïcs) les uns à côté des autres, et non plus les uns contre les autres. Dans cette vision, on compose la multiplicité du monde, mais on propose d’être ensemble en paix, non pas dans le métissage interreligieux et cosmopolite, mais fondé sur les racines spirituelles de chacun. C’est une image, germée de l’Église de Jean-Paul II, qui est significative à l’époque de l’affrontement : elle montre que l’avenir n’est pas l’affirmation de l’une ou de l’autre civilisation, mais l’affirmation de ce que j’appelle la civilisation du vivre ensemble. En effet, dans ce monde global, il est évident que l’on ne peut pas vaincre, contrôler, exercer son hégémonie. La civilisation du vivre ensemble est dans les chromosomes de ce christianisme qui définit Dieu comme Amour.

Ce ne sont que de modestes réflexions dont je voudrais qu’elles nous accompagnent, alors que nous sommes au seuil d’une ère inexplorée, d’une autre saison historique de ce monde qu’Antonio Gramsci, original penseur marxiste italien du siècle passé, définissait « monde grand, beau et terrible ».

 

* * * * * * *  

Déjà publié
René DEJARDIN(Burbure)
Perte d'autonomie et dignité humaine(PO Aquitaine)
Des nouvelles de Pierre LAURENT(message de B. Masséra)
Université d'été(Région Est)
Témoignage audio d'un PO(Henri Brisfert)
Lettre ouverte des membres de la rencontre internationale à Essen (Allemagne) (04 juin 2017 )
Lettre ouverte aux évêques((PO))
ECCO Caen Législatives(Communiqué de presse)
PO 79/86 (Contribution au Synode 2017/2018 Diocèse de Poitiers)
Contribution ''Ministère'' (PO Aquitaine )
Contribution ENPO à la réflexion du SNMO (Peuple de Dieu/Ministères )
Nous mêler de ce qui nous regarde(Article ACO-P. Niobey)
Chrétiens ouvriers de gauche pour un partage des richesses(ECCO du secteur de Caen)
Gérald FLORET AU MAITRON()
Gérald FLORET au dictionnaire du Maitron ( )
Table ronde sur le ministère des prêtres-ouvriers (RCF Bordeaux auditorium de la foi le 05/02/2017 )
Les PO sur la toile (Pierre Niobey )
Par-dessus les frontières ! (Claude Simon équipe PO Caen )
Jésus revient ? Non, il est toujours là !(ECCO du secteur de Caen)
Conférence de Guy Aurenche (18 mai 2016 à Montauban )
Rencontre Internationale(Pentecôte 2017)
L'accueil de l'étranger... Théologie(Gérard Thévenin)
Expo PO à Bordeaux pour le 50ème anniversaire(Interview RCF Antoine Brethomé)
Soligny Retraite d'hiver (Du samedi 11 février au vendredi 17 février 2017 )
Les prêtres-ouvriers après Vatican II(Contributions et témoignages autour de la relance de 1965)
Plaque souvenir sur la tombe de Jean PERROT(18 mai 2016)
Hellemmes(Rapport d'activités 2014-2016)
La main qui rêve (Galerie SAGA, Hellemmes )
Lettre aux députés et sénateurs du Calvados(ECCO du secteur de CAEN)
Les Amis du 118 - Hellemmes (Yveline Redliche )
Le dogme(Jacques Meurice)
Un APPEL(Christian Herwartz)
Abattre le mur... (Journal LA VIE )
Message ... 50ème(Jean Landry)
Un monde immonde engendre des actes immondes - Saïd Bouamama (Envoi de Bernard Glath )
Articles parus dans la presse du Tarn-et-Garonne (Envoi de Jean Saltarel )
L'usine théâtre du pouvoir (Rectificatif )
LIVRE (L'usine théâtre du pouvoir )
PO 50 ans Colloque(Celebration du 50eme anniversaire)
La libre circulation n'est pas une utopie (télérama 23/11/2015 )
"Les marins au long cours, ouvriers silencieux de la mondialisation"(Roland Doriol)
Bâtisseurs aujourd'hui..........Pentecôte 2015 (Envoi de Bernard Glath )
Déclaration du Conseil permanent de l'épiscopat (17 juin 2015 )
La famille dans une société laïque()
A Calais, un "Sangatte à ciel ouvert" se reconstitue(La Croix 01/04/2015)
PO - Dans un peuple en marche(Bernard Glath)
Le 118 à Hellemmes (carte de soutien )
Santé des étrangers : une discrimination de plus (FNARS )
Rencontre internationale, 2015, Barcelone (Documents de préparation )
A Gauche toute ! (Atelier Politique )
Nuit solidaire pour le logement(Paris, Place de la république)
Aux périphéries de nos villes (Cef )
François Yverneau(Départ pour le 93)
"L'Amour qui meut le soleil et les autres étoiles"(Odile MARECHAL)
Jésuites et ouvriers (Noël Barré )
Le 118 à Hellemmes(Inauguration)
Visages de prêtres (Paul Lamarche )
Lettre de PO de pays européens (RI 2014 à Turin )
A mes frères prêtres (Denis Guiraud PO Tarnais )
Pélerinage à Avranches(Pax Christi)
A propos du mot "ouvrier" (Bernadette Liger )
Libres propos : la classe ouvrière (Philippe Barbier )
L'écriture au quotidien(André L'Hénoret)
Protection de la Planète (Bernard Glath )
La Dépêche du Midi - Montauban (2014/05/12 )
Prêtres-ouvriers aujourd'hui-Les Invisibles (La Rochelle du 27 juin au 21 septembre 2014 )
Communiqué de presse suite aux annonces de Valls (Envoi de Bernard massera )
Mission de France (Flash info Ile de France - avril 2014 )
Le Pape s'entretient avec une radio d'un bidonville argentin (Défense des prêtres-ouvriers )
Perret Michel (Décédé le 27/02/2014 )
Tibhirine (Mgr Georges Gilson, Archevêque )
Nouvelles - Fils de la Charité(Février 2014)
PO Midi-Pyrénées(Contribution à l'atelier "Mission ouvrière")
J'ai du prix aux yeux de Dieu(Réseau Chrétien-Immigrés)
L'Europe face aux Défis de la paix au Moyen Orient(Appel à l'Europe)
Reconstruisons ensemble note pays (Evêques Centrafrique )
PO région est(Tour d'horizon fin 2013)
Jean-Pierre Bourget (Offre de souscription )
Message du pape François("La fraternité, fondement et route pour la Paix")
Les élections municipales : une chance pour le bien commun(Evêques de France)
Réflexion sur la répartition des richesses(Bernard Glath)
Le Grand marché transatlantique... (envoi de B. Masséra )
Résistance(Collectif de Soutien aux Sans-Papiers d'Etampes)
Nous sommes tous des étrangers(Ami de la Nature)
Riche (03 octobre 2013 )
Edito courrier octobre 2013(Edito complet)
Colloque Helder Camara (Couvent de la Tourette )
Les travailleurs dans papiers- Les enjeux actuels (R. Chauveau-Cahiers...1997-2006 )
"Prêtres-ouvriers célibataires ou mariés, même ministère"(Pentecôte 2012)
La double tâche des PO(Paul Fromy)
Lumen Fidei(Envoi de Denis Guiraud)
Lettre à nos évêques de France au sujet de Pascal Vesin (CA de la C.C.B.F. )
Yvon Tibbal fête son Jubilé(21 juillet 2013)
Les Frères missionnaires des campagnes creusent leur sillon dans le bocage ornais(La Croix/15/07/2013)
Newsletter Atelier Religion( Lectures d’été …)
Lettre au Pape(Au sujet de Pascal Vesin )
Citroën par ceux qui l'ont fait(Offre-Souscription)
Lumen Fidei(1ère encyclique du Pape François)
Se laisser simplifier et déposséder(Francis Gayral)
Postures chrétiennes face à la finance(CEF-Justice et Paix)
Lettre aux évêques de France (Au sujet de Pascal Vesin )
Quelques photos de la région Nord (Envoi de Lucien Vivant )
C'est à lire ( "A la gauche du Christ, les PO oubliés ?" )
Interview de Georges Souriau(Radio Gâtines)
Roosevelt réveille l'Assemblée (Envoi de Bernard Glath )
Le Pape François(Hanz Küng - Journal Le Monde)
Transition énergétique et sortie du nucléaire (Documents transmis par Bernard Glath )
Madeleine Delbrêl une mystique en terre ouvrière (Ma ville est un songe )
L'audace missionnaire (Cardinal Suhard-La Croix-12/01/2012 )
PO de l'Isère(Journée d'approfondissement sur le vieillissement)
Cercle de silence (Etampes 91 )
Compagnons en humanité pour vivre l'espérance(Claude Depoil-Revue "Prêtres diocésains")
Le concile Vatican II selon le Cardinal Liénart (Conférence : couvent des Dominicains de Lille )
Paul, Jean-Pierre, Cyrille (La Dépêche_2013_04_01 )
La pensée sociale de l'Eglise racontée à ceux qui n'en savent rien (C. Pian- Ed.Atelier )
Prêtres-ouvriers mariés ou célibataires, même ministère (Pentecôte 2012, région Est )
Visite POAP-1 (Textes de réflexion en vue d'un partage)
Pacte des catacombes (courrier PO janvier 2013 )
Lettre de Jean Saltarel à Bernard Ginoux Evêque de Montauban (Jean Saltarel )
La maladie d'Alzheimer (Session à Grenoble )
Lettre de Pierre Niobey à Stanislas Lalanne Evêque de Coutances et Avranches (P.Niobey )
Mariage pour tous : Le combat perdu de l'Eglise (Danièle Hervieu-Leger )
Le mariage pour tous (Denis Guiraud )
L'adoption est la bonne nouvelle de l'Evangile (Michel Serres )
Trop c'est trop ( Heichelbech Georges )
Etienne Cambis (Prêtre de la Mission de France )
Gérald Floret (Photos envoyées par A. CERUTTI )
Gérald Floret (Article journal Librinfo 74 )
Gérald Floret (Région Ain-Savoie-Isère )
Aloyse (Son livre à l'aube de 2013 )
Gaël Giraud l'un des économistes les plus novateurs (Illusion financière )
La Mission de France (Lundi 17 décembre 2012 )
Les catholiques et les migrations (... histoire, actualité, perspectives... )
Histoire du champagne (Champagne à boire et à penser )
Les chrétiens et la globalisation (Vatican II, une boussole pour la mondialisation et la nouvelle évangélisation )
Des prêtres au service du culte spirituel (Yves Patenôtre, Lettre aux Communautés, Revue de la Communauté Mission de France,"Pour un sacerdoce hors les murs" )
Où sont les défenseurs de la vie ?(Armand Veilleux, 19 novembre 2012)
Génocide palestinien(Armand Veilleux, ocso, Abbé de Scourmont, 30 juin 2006)
Retraite PO 2013 (Intervenant : A. ROUET ancien archevêque de Poitiers )
Dossier du CEF sur l'homosexualité et le mariage ( )
Mariage pour tous (Références du journal LA VIE )
Le courage d'une pensée alternative (Lucetta Scaraffia 10 novembre 2012 )
L'homosexualité : qu'en dit l'Eglise ? (Extrait du texte du conseil famille et société de la Conférence des évêques de France, septembre 2012 )
D'où parlent-ils ? (Jacques Fraissignes) (La filiation de Jésus demeure symbolique )
Lettre au premier ministre (G Aurenche-C Deltombe-Madignier PY-Peugeot P-Soulage F )
RI 2013 (Message de Fritz)
Note abrégée du secrétariat (rencontre des 13 et 14 octobre 2012 )
Paul Maire (Recension de Jean RIGAL à propos du dernier livre de P. MAIRE )
Servir l'Evangile selon J.P. Margier (Servir l'Evangile à la manière des Prêtres-Ouvriers )
courrier PO(information)
Des nouvelles de Michel Racaud (Pierre Fonteneau a écrit..... )
Chavagnes en Paillers (retraite PO juillet 2012 )
Retraite d'hiver (Inscription )
Clef usb de la Rencontre nationale de pentecôte 2012(en consultation ou chargement)
Retraite d'hiver (formulaire d'inscription )
Portraits de P.O.(par Nicolas (Saint-Nazaire))
Questionnaire (statistiques po )
Colloque de la Petite Université d'Automne (La révélation : est-ce audible ? )
Actualité du ministère des prêtres-ouvriers (Texte de Mgr Albert ROUET )
Prêtres-ouvriers pour la Rencontre Nationale de Pentecôte 2012 (Compagnons en humanité pour vivre l'espérance )
En route vers Pentecôte 2012 (Rencontre nationale des prêtres ouvriers
Compagnons en humanité pour vivre l'Espérance )

Week end des POAP février 2012 (Compte rendu )